La semaine dernière, Luc Seufer, Chief Legal Officer d’EBRAND, a participé à ICANN85 à Mumbai, la dernière réunion publique de l’ICANN avant l’ouverture officielle de la fenêtre de candidature pour les nouveaux gTLD. Après 14 ans d’attente, le message venu de Mumbai était sans ambiguïté. Le prochain cycle aura bien lieu, le calendrier est confirmé et l’opportunité est réelle pour les titulaires de marques.
Voici ce qu’il faut savoir.

Le calendrier est arrêté
ICANN85 était la dernière réunion publique avant le lancement du cycle 2026 du New Generic Top-Level Domains Program. La fenêtre de candidature ouvre le 30 avril 2026 et reste ouverte 15 semaines, jusqu’au 12 août 2026.
La fenêtre refermée, l’ICANN entre dans une phase de traitement. Si le volume de candidatures ressemble à celui de 2012, soit environ 2 000 dossiers, le Reveal Day est attendu avant ICANN87, en octobre 2026. Le Reveal Day est le moment où toutes les chaînes demandées sont publiées simultanément et où le paysage concurrentiel devient visible pour tout le monde d’un coup. Jusque-là, chaque candidat avance à l’aveugle.
C’est précisément cette dynamique qui rend si précieuse l’une des grandes nouveautés de ce cycle : la replacement string.
La replacement string du prochain cycle : un filet de sécurité stratégique
Pour la première fois, les candidats peuvent déposer une chaîne secondaire en même temps que leur candidature principale, autrement dit un plan B intégré. Si la chaîne principale se retrouve en concurrence le jour du Reveal Day, le candidat dispose d’une fenêtre limitée pour basculer vers sa replacement string, à condition que celle-ci ne soit pas disputée non plus. L’ajout est important : il ouvre une voie vers la délégation qui évite le coût et les délais d’une enchère.
Il existe aussi une Replacement Period formelle de 14 jours, immédiatement après le Reveal Day. Pendant ce délai, les candidats peuvent examiner le paysage publié et notifier formellement à l’ICANN leur décision de changer de chaîne.
Pour les candidats à une .brand, s’ajoute un niveau de souplesse dont les autres ne bénéficient pas. Les Brand String Change Requests permettent à une dotBrand d’ajouter un mot descriptif au nom de la marque comme chaîne alternative. Contrairement à la replacement string classique, cette option n’a pas à être déclarée au moment du dépôt, et les dotBrands disposent de plus de temps pour y recourir. C’est une vraie soupape de sécurité et une raison de plus pour laquelle le cadre de 2026 se montre nettement plus favorable aux marques que le précédent.
Ce qui distingue un TLD .brand en 2026
Le cycle 2026 apporte aux candidats à une .brand ce que le cycle 2012 n’offrait pas : une reconnaissance formelle et un parcours contractuel défini dès le premier jour.
Un Brand TLD est un domaine de premier niveau exploité exclusivement par le titulaire de la marque et ses sociétés affiliées ou licenciées. Aucune obligation d’ouvrir les enregistrements au public. L’espace de nommage reste entièrement sous le contrôle de la marque, ce qui crée un environnement fiable et sécurisé aussi bien pour les clients et les partenaires que pour l’infrastructure interne.

Point décisif : la Specification 13 sera désormais annexée automatiquement au Base Registry Agreement. Cet avenant au Registry Agreement encadre le fonctionnement des dotBrands. En 2012, la plupart des candidats dotBrand ont dû attendre des mois après la réception de leurs contrats standard avant que la Specification 13 ne soit finalisée, ce qui créait une incertitude considérable. Cette ambiguïté a disparu. Les candidats de 2026 connaissent l’intégralité des conditions dès le départ.
L’éligibilité est établie via la Trademark Clearinghouse. Les candidats devront téléverser leur fichier .SMD dans le cadre de leur dépôt, ce qui crée un lien direct entre la titularité de la marque et l’éligibilité au TLD. Toutes les candidatures passent par TAMS, le nouveau TLD Application Management System, qui gère l’intégralité du cycle de vie d’un dossier, du dépôt à l’évaluation.
Les marques, principal sujet avant le prochain cycle
Lors de l’ICANN Public Forum de Mumbai, le CEO de l’ICANN, Kurtis Lindqvist, a laissé peu de place au doute quant à la place des titulaires de marques dans ce cycle :
« The really largest interest groups in this round is brand. Brand owners, brand management is phenomenally large interest in this round. […] There’s everything ranging, of course, from trademark protection all the way to infrastructure security. »
Venant du CEO de l’ICANN, informaticien et non spécialiste du marketing, la déclaration est notable. Elle traduit une véritable évolution du regard que la communauté internationale de la gouvernance d’internet porte aujourd’hui sur les TLD .brand : non pas des projets de prestige, mais de véritables infrastructures numériques.
Le DNS abuse sous les projecteurs
Le nouveau cycle de gTLD n’a pas été le seul grand sujet à Mumbai. La lutte contre le DNS abuse a retenu une attention considérable tout au long de la semaine, avec plusieurs sessions consacrées au Policy Development Process en cours.
Le Governmental Advisory Committee n’a pas caché son souhait de voir des obligations plus strictes en matière de DNS abuse inscrites dans les conditions du prochain cycle. Cette ambition, bien intentionnée, a peu de chances de se concrétiser comme condition préalable au cycle. Le processus formel du PDP étant lancé, le Final Issue Report a confirmé le périmètre des travaux. La communauté commence à s’impliquer dans le processus, à mesure que cette confirmation se diffuse dans les différents secteurs. Cela dit, on ne bâcle pas une bonne politique pour tenir une date limite de dépôt.
Luc Seufer, coprésident du DNS Abuse Mitigation Working Group du Registrar Stakeholders Group, s’est trouvé au cœur de ces discussions et a contribué à façonner à la fois le cadre d’analyse et l’implication de la communauté des bureaux d’enregistrement dans le PDP. La trajectoire de la politique sur le DNS abuse est claire ; le calendrier doit servir la qualité du résultat, et non l’inverse.

Pourquoi maintenant, et pourquoi EBRAND pour votre prochain cycle ?
La fenêtre de candidature pour un TLD .brand ouvre dans six semaines. Préparer un dossier solide et conforme demande bien plus de temps que cela.
EBRAND conseille certaines des marques les plus connues au monde sur la façon de protéger, gérer et valoriser leur présence numérique. Nous avons bâti plus de 15 ans d’expérience dans ce secteur, et nous ne comptons pas partir. Notre équipe allie une expertise juridique approfondie, qui inclut une participation directe aux processus de politique de l’ICANN façonnant précisément ce cycle, aux capacités techniques et stratégiques nécessaires pour accompagner une candidature .brand de l’étude de faisabilité initiale jusqu’à la délégation et l’exploitation. Que Luc copréside des groupes de travail sur le DNS abuse à l’ICANN et participe à définir les cadres qui régissent le prochain cycle n’est pas accessoire à notre activité de conseil. C’en est le fondement.
Au-delà de la candidature elle-même, une stratégie de nouveaux gTLD n’existe jamais isolément. Elle s’inscrit dans un portefeuille de noms de domaine plus large, qui demande une gestion active. Surveiller les atteintes, agir contre le DNS abuse et sécuriser les enregistrements existants vous aide à maintenir solide l’infrastructure numérique de votre marque. EBRAND prend tout cela en charge. Dès le jour où votre TLD .brand entre en service, nous pouvons accompagner chaque renouvellement, chaque audit et chaque action de défense qui suivra.
Si, en tant que titulaire de marque, vous vous demandez si le cycle 2026 est le bon moment pour agir, Mumbai a donné une réponse claire. Le calendrier est confirmé, le cadre est plus favorable aux marques que jamais, et la fenêtre ne restera pas ouverte. La question est de savoir si vous serez prêt à avancer quand elle s’ouvrira.
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